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Critique & critic

Monihan O’lair, une passion numismatique !

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Monihan O’lair, une passion numismatique !

Ce banquier londonien de 36 ans collectionne depuis plus de deux décennies les pièces de monnaie. Rare, ancienne ou particulièrement introuvable, chacune des devises alignées possède une caractéristique bien particulière. Une dizaine d’albums au total, pour plus de cent cinquante ronds de métal. Un catalogue à la thématique bien précise puisqu’il n’est question que de pièces frappées au sceau de la monarchie anglaise.

Isabelle Marchand : Comment vous est venu cet intérêt pour les pièces de monnaie ?

Monihan O’lair : En fait ma passion remonte à loin. J’avais dix ans lorsque j’ai trouvé ma première pièce, dans le jardin de mes parents. Pour être honnête, je ne me suis pas tout de suite intéressé à la numismatique. J’étais fasciné par l’effigie qui se trouvait sur la face de la pièce. Il s’agissait d’un membre de la monarchie anglaise, un homme au profil noble et glorieux que je ne pouvais identifier. A l’époque, internet et Wikipédia n’existaient pas. Pour obtenir des informations je me suis donc tourné vers la Royal Mint, l’organisme en charge de la manufacture des pièces de monnaie anglaises.

Je leur ai écris une lettre décrivant mon intérêt pour les gravures, tant pour les artistes que leurs sujets. Ils ont été très aimables et m’ont rapidement répondu. En plus d’une foule d’informations utiles, j’ai appris que le royal personnage sculpté était Georges V. J’ai ressenti un fort attachement pour la monarchie anglaise, et pour ces bouts de métal insignifiants mais pourtant vecteurs d’histoire. Depuis lors, je n’ai jamais cessé de les collectionner.

IM : Cela fait donc vingt-six ans que vous collectionnez ces pièces, comment sait-on qu’une collection est finie ?

MO : Il y a toujours de nouveaux rebondissements, particulièrement en numismatique. Un jubilée royal apporte, par exemple, de nouvelles pièces. Rares et précieuses, certaines ne sont éditées qu’à quelques milliers d’exemplaires. L’on passe un temps fou à les attendre, ou à les retrouver. Bien sur il est possible de les commander avant même leur impression lorsqu’il s’agit de pièces exceptionnelles. Mais souvent l’estampillage s’est fait avant votre naissance, vous devez alors courir les ventes aux enchères, les reventes de collectionneurs, ou même supplier une vieille tante de vous en faire cadeau. Une collection n’est finie que lorsque son propriétaire en est satisfait. Ce qui est très difficile, entre nous soit dit. Un vrai collectionneur éprouve ce sentiment d’incomplétude permanent qui le pousse à toujours étendre ses recherches à de nouvelles opportunités. Ce sont d’éternels insatisfaits qui passent davantage de temps à rêver à de futures acquisitions qu’à réellement profiter de celles qu’ils ont déjà fait.

IM : Pourquoi collectionner ? Quel profit tire t-on d’une collection ?

MO : Collectionner c’est tenter d’atteindre une certaine plénitude je dirais. Une recherche de perfection, tant dans la qualité que dans la quantité. A chaque nouvelle pièce, c’est un nouveau pas vers la complétude. Mais à coté de cela, le chemin pour parvenir au but revêt la même importance que ce dernier. Chacun de ces ronds de métal porte une histoire en lui même, mais également l’anecdote liée à son acquisition. Je me rappelle lorsque j’étais étudiant à l’université d’Oxford, je suis allé prendre le thé chez un ami. Son père était un grand numismate, nous avons parlé des heures de notre passion commune. A la fin de l’entretien il m’a fait cadeau d’une pièce à l’effigie de la reine Elisabeth de 1574. Et bien la devise m’est aussi chère que son souvenir, c’était une conversation passionnante.

IM : Que fait-on d’une collection au quotidien ?

MO : Certains l’exposent fièrement, d’autres la dissimulent jalousement. Il n’y a pas de comportement type, tout dépend du collectionneur. Personnellement, mes albums ont une place de choix dans ma bibliothèque, sans être ostentatoire, je dois avouer que l’effort que j’y ai mis leur réserve un emplacement privilégié. Je suis toujours prêt à initier de nouveaux disciples à la numismatique, tout comme à ennuyer ma famille avec ma passion incomprise !

IM : Que représente votre collection à vos yeux ?

MO : Une collection, on y revient. Comme à un vieil ami. Après tout, ce sont toujours de bons moments passés ensemble. Les motivations qui vous ont poussé à la constituer forment d’agréables souvenirs, de petites anecdotes qui viennent compléter votre identité. Les années passées à l’enrichir sont autant d’aventures dont vous pouvez vous rappeler les détails avec plaisir, les conter même, à condition de trouver un public complaisant !

IM : Que fait-on lorsqu’on est satisfait d’une collection ?

MO : J’imagine que lorsque le sentiment d’incomplétude, d’imperfection qui nous a poussé à ouvrir une collection s’est enfin estompé, l’on est forcé de s’arrêter. Et qui sait, d’en commencer une autre ?

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This entry was posted on January 7, 2013 by in Articles en français and tagged , , , , , , , , .
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