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Critique & critic

Citizen Kane, un chef d’œuvre toujours d’actualité

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Paru en 1941, Citizen Kane est la première production d’Orson Welles (1951 – 1985). Il en joue le premier rôle, celui du magnat de la presse Charles Foster Kane. Dans sa propriété de Xanadu, M. Kane s’écroule, mort, une boule de neige à la main. Ses derniers mots seront « bouton de rose » (« Rosebud »), des paroles énigmatiques qui attisent la curiosité du grand public. Tompson, journaliste, est alors chargé d’en découvrir le sens. L’occasion de revivre au travers de flashbacks quels furent le quotidien, les victoires et les échecs du millionnaire décédé.

L’histoire reprend la vie de William Randolph Hearst (1863-1951), un millionnaire américain dont le réseau de journaux fut l’un des plus importants ayant jamais existé aux Etats-Unis, et dont les méthodes de rédaction sont encore employées aujourd’hui. Notamment fondateur du journalisme jaune – basé sur des histoires sensationnelles à la véracité douteuse, il encouragea l’utilisation de cartoons dans ses publications. Les lecteurs lui doivent l’apparition de personnages tels que Mickey Mouse ou Flash Gordon.

Des traits repris dans Citizen Kane, qui dépeint à travers l’homme un portrait satyrique de la société américaine de l’époque, dont la mainmise des médias sur l’opinion publique sera sujette à controverse durant tout le long métrage. Kane dira « C’est mon devoir, et je vais vous dire un secret, c’est également mon plaisir, de voir que ces travailleurs décents ne sont pas aveuglément volé par un paquet de pirates cupides simplement parce qu’ils n’y a personne pour surveiller leurs intérêts ». Kane exprime là toute la dualité de son personnage, qui précipitera ensuite, par une propagande effrénée, la guerre hispano-américaine de 1898.

Le protagoniste, dont les ambitions deviennent peu à peu les faiblesses, fait preuve d’une volonté hors du commun. Une détermination qui, si elle couronnera de succès ses prouesses journalistiques, le mènera également à la solitude, dans son manoir pharaonique mais inachevé de Xanadu. Un personnage aussi haïssable qu’attachant, qui tirera d’Orson Welles les mots “Le public est seul juge. Kane est à la fois un idéaliste et un escroc, un très grand homme et un individu médiocre. Tout dépend de celui qui en parle. (…) Le but du film réside d’ailleurs plus dans la présentation du problème que dans sa solution.”.

Les tractations de Hearst pour interdire le film, qu’il trouvait insultant vis à vis de sa maitresse Marion Davies, dépeinte sous les traits de Susan Alexander échouèrent, mais furent la cause du peu de succès rencontré au box office, malgré d’excellentes critiques. Orson Welles, conscient des menaces pesant sur sa production, souhaita en garder le secret. Ainsi, lorsque les producteurs vinrent à l’improviste sur le plateau, ils y trouvèrent les techniciens et acteurs en pleine partie de baseball, sur consigne du réalisateur.

La conclusion du film, l’explication de « rosebud », en demeure la plus grande leçon ; savourez les petites choses du quotidien, un jour vous pourriez regarder en arrière et réaliser qu’elles étaient en fait les plus grandes.

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This entry was posted on October 15, 2013 by in Articles en français and tagged , , , , , , .
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