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Critique & critic

Réseaux Sociaux: Acquérir ou mourir!

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L’Agefi – Finance et Economie

De la nécessité des acquisitions

Réseaux sociaux. Les dernières opérations de Facebook et Twitter permettent d’expliquer les plans de développement de ces groupes.

Après la retentissante acquisition de la très populaire application de messagerie mobile Whatsapp par Facebook, c’est au tour de Twitter d’étendre son champ d’action. Les deux leaders sont loin d’être les seules sociétés URL (Ubiquity first and Revenue Later) à diversifier leurs activités. La récurrence du phénomène pose ainsi la possibilité d’un modèle général de développement des réseaux sociaux made in America.

Twitter vient de se porter acquéreur de Cover (L’Agefi du 8 avril), une application sous Android dont le montant du rachat n’a pas été communiqué, allongeant ainsi la longue liste des conquêtes de la Silicon Valley. C’est une guerre sans merci que se livrent les leaders américains des réseaux sociaux depuis quelques années, et les sommes investies se chiffrent bien souvent en milliards de dollars.

Uwe Neumann, analyste Technologies & Telecom chez Credit Suisse impute de telles dépenses à un besoin constant pour ces sociétés URL d’augmenter leur audience: «L’acquisition de Cover constitue une tentative de Twitter de s’assurer une base d’utilisateurs dans le monde d’Android. La seconde étape de cette stratégie pourrait être une campagne plus intensive de collecte de données sur ces mêmes utilisateurs.»

Les trois leaders actuels sur le marché des réseaux sociaux accumulent les investissements externes. A commencer par Linkedin (277 millions d’utilisateurs) qui a finalisé en février dernier sa 9e acquisition avec Bright, une start-up spécialisée dans la recherche d’emplois grâce au ciblage de données.

Twitter (645 millions d’utilisateurs) a d’ores et déjà intégré 30 start-up, avec une prédominance notoire pour les solutions publicitaires. Un investissement qui laisse présager l’arrivée de publicités sur le réseau, et donc d’une source de revenus pour le groupe. Jusqu’à présent dépourvu de business model, Twitter n’est parvenu à se développer que grâce à de réguliers appels publics à l’épargne. Situation qui a perduré depuis sa création en 2006 jusqu’à son IPO en 2013, par ailleurs très réussie.

Facebook (1,3 milliard d’utilisateurs) en est à son 46e investissement, et l’on compte, hormis Whatsapp, le tout aussi populaire Instagram (200 millions d’utilisateurs).

Les types d’acquisition divergent d’un leader à l’autre, chaque rachat déterminant de façon décisive la politique générale du groupe comme son orientation future. Des trois leaders, seul Facebook investit de façon répétée dans d’autres réseaux sociaux, déboursant pour cela des sommes parfois considérables. Une stratégie qui, selon l’interprétation qu’on en fait, révèle deux tendances opposées mais complémentaires. D’une part la confiance inébranlable de Mark Zuckerberg dans le besoin de connectivité inter individus, et donc dans le potentiel inépuisable des réseaux sociaux.

D’autre part la prise de conscience d’un certain ralentissement de Facebook, dont la perte d’attractivité se fait notamment ressentir dans la tranche d’âge la plus jeune, avec un tiers d’utilisateurs en moins chez les adolescents. «Facebook n’est plus cool», avouait Zuckerberg lors de la conférence du Newseum de septembre dernier, soulignant l’effet de mode inhérent à l’usage des réseaux sociaux et par là, l’inconstance de leur public.

«Les réseaux sociaux dans leur grande majorité font des profits grâce à la publicité. Avant d’investir, les annonceurs évaluent en priorité l’engagement des utilisateurs, c’est-à-dire l’usage quotidien de la plateforme divisé par le nombre de visites mensuelles», analyse Uwe Neumann. La stratégie Facebook rassure les marchés puisqu’en reprenant d’autres réseaux, la société tend à potentiellement augmenter son audience tout comme l’engagement de ses utilisateurs. Pourtant l’analyste de Credit Suisse ne conseille pas à ses clients d’investir dans ces groupes, du moins pas pour le moment. «Les actions des sociétés URL sont actuellement en phase de correction, probablement parce que leur valeur a augmenté trop rapidement. Cependant nous pensons que sur le long terme les tendances de croissance vont demeurer au dessus de la moyenne du marché, et donc l’investissement pourrait s’avérer intéressant».

La versatilité des tendances sur la toile ajoutée à la volatilité des utilisateurs poussent sans aucun doute les grandes entreprises de télécoms à élargir l’horizon de leurs activités, voir à se développer sur des marchés parallèles. La concurrence est féroce et les leaders de l’industrie doivent également compter avec les besoins des jeunes générations. Ainsi le segment des moins de 25 ans migre plus facilement vers des applications comme Snapchat, une messagerie mobile permettant d’envoyer des photos ou vidéos à durée limitée. Son créateur Ewan Spiegel, a d’ailleurs déjà refusé les offres de rachat de Facebook et de Google pour respectivement 3 et 4 milliards de dollars. Pourtant, les sommes déboursées ne sont pas toujours à la hauteur des profits espérés, comme l’a prouvé la reprise de MySpace par News Corp pour 580 millions de dollars en 2005, pour finalement le céder à la société Specific Media pour 35 millions à peine six ans après.

http://www.agefi.com/une/detail/archive/2014/april/artikel/reseaux-sociaux-les-dernieres-operations-de-facebook-et-twitter-permettent-dexpliquer-les-plans-de-developpement-de-ces-groupes.html

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